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Rêves...Errances d'An'Maï

Rêves...Errances d'An'Maï

Mes cris, mes écrits, mes mots émotions, mes regards émerveillés, mon imaginaire, tout mon univers...

A la manière de...

 

Rimbaud !

C'est un défi proposé dans la rubrique "ATELIERS"

du site Ipagination

A la manière de...

Le mendiant

 

Ses yeux levés criant misère,

Le pauvre hère assis par terre

La main tendue

 

Quête plus que sa subsistance,

Quelques miettes de tolérance

Là, dans la rue

 

Où le piéton passe et regarde

Sans que jamais son œil s’attarde,

Indifférent.

 

C’est de solitude qu’il crève.

Il a oublié tous ses rêves

Roses d’antan ;

 

Ce temps où comme beaucoup d’autres

Il pensait être bon apôtre

Et fustigeait

 

Les va-nu-pieds, les bons à rien

Inaptes à gagner leur pain.

Il se moquait

 

Des chômeurs et de leur paresse,

D’une trop oisive jeunesse,

Des mendiants.

 

Il travaillait, se croyait riche

Mais de compassion était chiche

Comme d’argent.

 

A présent, Dieu comme il a honte

D’avoir si mal tenu ses comptes

En ignorant

 

Les sans-abri, les misérables

Dont la présence indésirable

L’offusquait tant !

 

Il sait qu’un revers de fortune

Peut vous laisser sans une thune

Seul, à la rue,

 

La faim au ventre, assis par terre

Sur le trottoir, quelle misère !

La main tendue.

 

13/05/2015

©Anne-Marie Lejeune

 

 

Pour relever ce défi, je me suis inspirée de cette poésie d'Arthur Rimbaud trouvée ici :  http://www.mag4.net/Rimbaud/Poesie.html​  avec son illustration

A la manière de...

Les Effarés

 

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.

Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits plein de givre,
- Qu'ils sont là, tous,

Collant leur petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,

Mais bien bas, - comme une prière....
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

- Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d'hiver.....

Arthur Rimbaud.

20 sept. 70

 

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maposie 14/05/2015 12:43

Bien
Je veux bruler mes papiers
Vivre comme les sans papiers
Par solidarité
Me faire arrêter, emprisonner
par solidarité
Montrer la stupidité
L'absurdité

An'Maï 14/05/2015 14:08

Une belle réponse je trouve à mon poème ! Merci Maposie